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Points clés à retenir
- Non remontants : plantation mi-août à mi-octobre pour récolter dès mai-juin
- Remontants : plantation possible en avril-mai ou fin d’été
- Collet du fraisier à positionner exactement au niveau du sol
- Espacement de 20-30 cm sur le rang, 40-70 cm entre les rangs
- Après floraison, apporter 1,5 à 2 fois plus de potasse que d’azote
Quand planter les fraisiers selon leur type
Chez moi, la première fraiseraie a été un échec. J’avais planté des fraisiers en plein mois de mai, avec des plants achetés en jardinerie sur un coup de tête. Résultat : quasiment aucune fraise l’année suivante, parce que je m’étais trompé de calendrier pour la variété.
Sur le terrain, j’ai appris que la date de plantation dépend du type de fraisier, pas d’une règle unique. Les fraisiers non remontants (une seule grosse récolte au printemps, type Gariguette ou Mara des Bois) se plantent entre mi-août et mi-octobre. C’est la période de référence donnée par Gamm Vert, et c’est celle que je respecte le plus scrupuleusement sur mes chantiers.
Les fraisiers remontants, qui produisent plusieurs vagues de fruits de juin à octobre, tolèrent une plantation en avril-mai, ou en fin d’été selon les stocks disponibles. La logique n’est pas la même : ces variétés peuvent fructifier dès leur première saison, donc une plantation de printemps n’est pas une erreur.
Le cas particulier des racines nues
Les plants à racines nues, souvent moins chers et vendus en fin d’automne ou en début de printemps, se plantent sur deux fenêtres : septembre-novembre ou février-avril. J’évite toujours la période de gel dur pour ce type de plant, les racines nues étant plus sensibles au froid qu’une motte en godet.
Dans le sud de la France
Dans les régions à étés chauds et secs, je conseille de décaler légèrement vers septembre plutôt que mi-août, et de privilégier un emplacement à mi-ombre les premières semaines. Le sol chauffe vite et une plantation en plein soleil d’été stresse les jeunes racines avant qu’elles n’aient pu s’installer.
Pourquoi la période de plantation change la récolte
Concrètement, voici ce que je fais : je considère toujours la plantation d’automne comme un investissement pour l’année suivante, pas pour la saison en cours. Un fraisier planté en août-septembre a le temps de développer un système racinaire solide avant l’hiver. Il démarre au printemps avec des réserves déjà en place, ce qui donne une récolte pleine dès mai-juin.
À l’inverse, une plantation tardive, en novembre ou décembre, laisse trop peu de temps à l’enracinement. Le plant survit souvent à l’hiver, mais il démarre affaibli et la récolte de la première année est décalée, parfois absente.
Les stolons, ces tiges rampantes que le fraisier émet dès le mois de juin pour se multiplier, jouent aussi un rôle dans ce calendrier. Un plant installé tôt en fin d’été a le temps de produire ses premiers stolons avant l’hiver, ce qui prépare déjà la plantation suivante ou l’agrandissement de la fraiseraie.
Pour visualiser le cycle complet, de la plantation aux récoltes sur deux fraiseraies différentes, cette vidéo du Potager d’Olivier détaille bien la logique saisonnière.
Préparer le sol avant la plantation
Pas besoin d’être pro pour ça, mais un sol mal préparé ruine tout le travail de plantation. Je m’y prends environ un mois avant la date prévue : désherbage complet de la parcelle, puis ameublissement sur 20 à 25 cm avec une grelinette ou une bêche.
J’incorpore ensuite un compost bien décomposé ou du fumier mûri, jamais frais, qui brûlerait les racines. Le fraisier aime les sols riches en matière organique, mais légers et bien drainés.
L’exposition compte autant que le sol. Je cherche systématiquement un emplacement ensoleillé, à l’abri du vent, sur un sol non calcaire. Sur terrain calcaire, le fraisier jaunit et pousse mal, faute d’assimiler correctement le fer. Dans ce cas, je bascule sur une culture en pot ou en bac, avec un terreau adapté.

Comment planter un fraisier étape par étape
Je vous montre exactement comment je procède, dans l’ordre. La technique change peu d’un chantier à l’autre, seul le geste du collet demande de la rigueur.
- Je trempe la motte ou les racines nues dans un seau d’eau pendant 20 à 30 minutes avant la plantation, pour bien réhydrater le plant.
- Je creuse un trou deux fois plus large que le volume des racines, pour qu’elles puissent s’étaler sans se replier.
- Je positionne le collet (la zone entre les racines et les premières feuilles) exactement au niveau du sol, ni enterré ni exposé à l’air libre.
- Je referme le trou, je tasse fermement autour du plant, j’arrose abondamment, puis je paille aussitôt.
J’ai fait l’erreur une fois, pas deux : un collet trop enterré pourrit en quelques semaines, un collet trop haut dessèche et le plant ne prend jamais. C’est le genre de détail qui change tout entre une fraiseraie qui produit et une qui végète.
Quel espacement respecter entre les plants
L’espacement conditionne directement la santé des plants et le rendement. Sur le rang, je respecte 20 à 30 cm entre chaque fraisier, une donnée reprise aussi bien par Algoflash que par les tutoriels vidéo récents.
Entre les rangs, l’écart varie selon les sources : Lubera recommande 40 à 70 cm, tandis qu’Algoflash propose plutôt 50 à 60 cm en culture sur deux rangs jumelés. Sur mes chantiers, je me cale sur 50 cm en moyenne, un compromis qui facilite le désherbage sans gaspiller d’espace.
| Mode de culture | Espacement sur le rang | Espacement entre rangs |
|---|---|---|
| Culture classique au jardin | 20-30 cm | 40-70 cm |
| Rang natté (extensif) | 45-60 cm | 90-120 cm |
| Pot ou bac | 15-20 cm | – |
La configuration en rang natté, plus large avec 45 à 60 cm entre plants et 90 à 120 cm entre rangs, concerne surtout les cultures extensives ou professionnelles, où les stolons sont laissés libres de coloniser l’espace entre les rangs.
Planter en pot ou en pleine terre
La maison et le jardin forment un seul espace de vie à mes yeux, donc je conseille aussi bien la pleine terre que le pot selon la situation du lecteur. Un locataire sans jardin peut très bien cultiver des fraisiers sur un balcon.
La différence tient au drainage. En pleine terre, l’eau excédentaire s’évacue naturellement dans le sol. En pot, elle stagne si le contenant n’a pas de trous suffisants, ce qui pourrit les racines en quelques jours.
Dimensions minimales en contenant
Je recommande un pot d’au moins 20 cm de diamètre et 15 cm de profondeur par plant. En dessous, les racines manquent de place et le fraisier stresse dès les premières chaleurs.
La densité change aussi en pot : je resserre l’espacement à 15-20 cm entre chaque plant, contre 20-30 cm en pleine terre, parce que le volume de terre disponible reste limité de toute façon.
Entretenir les fraisiers après la plantation
Les premières semaines après la plantation sont décisives. J’arrose régulièrement, sans excès, pour maintenir le sol frais sans le détremper. Le paillage aide beaucoup à limiter l’évaporation et à espacer les arrosages.
Côté fertilisation, je vise un engrais NPK équilibré, type 10-10-10 ou 12-12-12, à raison de 20 à 30 g par m². Après la floraison, je bascule vers un apport plus riche en potasse : entre 1,5 et 2 fois plus de potassium que d’azote, pour favoriser la formation des fruits plutôt que le feuillage.
Un excès d’azote donne un beau feuillage vert et très peu de fraises. C’est l’erreur classique de ceux qui utilisent un engrais tout usage sans distinguer les phases de la culture.
Le paillage, en paille justement ou en fibre de lin, limite aussi les maladies fongiques en évitant le contact direct entre les fruits et la terre humide. Ça prend deux heures et ça dure toute la saison.
Erreurs fréquentes à éviter lors de la plantation
Trois pièges reviennent presque systématiquement sur les chantiers où je suis intervenu après coup. Le premier, déjà évoqué, concerne le collet mal positionné : trop enterré, il pourrit ; trop exposé, il dessèche.
Le second concerne les racines pliées dans un trou trop étroit. Elles se développent alors en cercle au lieu de s’étaler, ce qui étouffe le plant à moyen terme. Un trou large règle ce problème en deux minutes de plus.
Le dernier, celui qui m’a coûté ma première fraiseraie : planter une variété non remontante en pleine saison de printemps
en pensant récolter la même année. Vérifiez toujours si votre fraisier est remontant ou non avant de choisir la date, c’est la base pour savoir quand et comment planter des fraisiers sans perdre une saison entière.



